MOT À MOT avec François Méquinion, Chef Concierge, Clefs d’Or, Villa Maïa

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassé ?
Bienveillance. Ce mot apparaît dans chaque annonce de recrutement, dans chaque recommandation client, dans chaque interview. Je me demande si la bienveillance est encore bien comprise.

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fier d’avoir trouvé ?
Chablis ! c’est lors d’une petite lecture sur Monsieur Baraton, jardinier de Versailles, que j’ai découvert ce mot. Il est joli, et je l’ai fait découvrir à mon père, j’en suis assez fier !

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
L’interjection merde ! Un mot bien franchouillard, qui sort des tripes : il est terrible.

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Profiter. Il peut signifier le plaisir, mais dans le secteur de l’hôtellerie, le fait de profiter revient plus à tirer profit. Dans le contexte actuel, ce n’est plus quelque chose que l’on offre pour faire plaisir mais plutôt un bénéfice que l’on accorde à la suite d’une réclamation, comme un supplément, et ce n’est pas très élégant.

Le plus joli mot de votre métier ?
Recevoir. Ce mot est propre à notre métier : nous sommes des portiers d’hôtel, la première personne qui salue, reçoit et sourit.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attaché ?
J’aime bien utiliser le mot lyonnais débarouler ; descendre rapidement une colline. 

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Thébaïde. Je voulais appeler ma petite maison thébaïde mais mon compagnon ne voulait pas. Ce mot représente un cocon caché à l’abri du bruit, il a une vraie valeur, surtout dans la période que nous traversons.

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Maternel. Tout ce qui touche à la mère me fait rougir. Il y a quelque chose qui me dresse les poils, qui me donne la chair de poule, et je trouve que cette douceur manque à notre société. 

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Accueil. Je suis obligé de l’écrire, sinon je suis incapable de l’épeler à voix haute !

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Team : lorsqu’on l’on doit faire un point entre membres de l’équipe, on nous dit souvent “rassemblez-vous la team” je trouve ce terme un peu fade, je ne l’aime pas trop.

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Ensuqué. Ce mot un peu démodé et élégant à la fois, qui peut relever une phrase.

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
La cuisine met tout le monde d’accord ! On peut mettre deux personnes qui n’ont rien en commun dans une cuisine, elles ne se disputeront pas. Seul compte le partage d’un repas.

Le mot de la fin ?
Épitaphe ! C’est le dernier mot de la fin, on ne peut rien écrire derrière une épitaphe.