MOT À MOT avec Maxime Lelong, Digital Marketing, The Walt Disney Company France

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassé ?
Performance. On est dans une dictature de la performance, cela devient excessif. Je trouve ce mot symptomatique de notre société, et réducteur sur ce que l’on peut faire en marketing digital. Les performances d’une campagne sont importantes, mais il ne faut pas penser qu’aux chiffres. Il y a un dogme sur la performance, c’est ce qui peut nous faire rater des stratégies, ce n’est pas parce que la performance est bonne que la campagne l’est également ! 

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fier d’avoir trouvé ?
Pugnace : j’aime l’utiliser, et j’adore les valeurs que ce mot représente. Le fait qu’une personne puisse se battre corps et âme pour des valeurs auxquelles elle croit. C’est toujours un plaisir de rencontrer des gens pugnaces, et j’aime à penser que je peux l’être aussi au quotidien. 

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
En vrai : c’est mon plus gros défaut d’élocution ! Le besoin de ramener la conversation à la réalité, c’est un moyen de recadrer la conversation, ramener au concret, au plus important, alors qu’on pourrait aller directement à l’essentiel, dès le départ.

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Excellent ! Et tous les superlatifs qui vont avec. On se retrouve encore dans une dictature de la performance, c’est le fait qu’on galvaude tout. On finit par tout qualifier d’excellent, et cela perd de sa valeur. Si tout est excellent, rien ne l’est réellement. 

Le plus joli mot de votre métier ?
Documentaire. Faire un documentaire, c’est montrer le réel, la vie des gens, c’est ce que l’on peut faire de plus beau, ce qui a du sens dans ce qu’on peut réaliser à l’image, en vidéo.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attaché ?
Babico ! Mon fils a du mal à dire “haricot”, il adore en manger, il nous dit constamment “je veux des babicos” !

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Sacerdoce : se dédier, se dévouer, s’engager à 100 % dans une mission, faire d’une valeur ou d’un principe un sacerdoce, j’ai beaucoup de respect pour cela. Et puis c’est un mot incisif, j’adore l’allitération en C qui résonne à l’oreille.

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Expert. Cela fait maintenant un an que je suis passé du journalisme au marketing, et quand j’entends mes collègues ou mes supérieurs me qualifier d’expert, cela me touche vraiment.

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Quarante : j’ai toujours envie de mettre un “e” à la place du “a”. Généralement, c’est lorsque je rédige un chèque, je mets trois heures à le remplir. La personne qui attend à la banque, derrière moi, doit penser que je n’ai pas envie de payer ! 

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Afterwork ! C’est un mot horrible, je préfère mille fois parler d’aller boire une bière, un verre ou un apéro ! Vraiment, je trouve que c’est un mot catastrophique, je ne l’aime vraiment pas.

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Journaliste. Alors qu’il y a une grande méfiance envers les médias et les journalistes, je veux montrer mon profond respect pour ce métier. C’est un mot qui mérite son smoking et sa queue-de-pie !

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Bonheur : aussi difficile qu’il soit d’y accéder, je pense que tout le monde aspire au bonheur. 

Le mot de la fin ?
Vaccin. Je me dis que c’est un mot qui pourra mettre fin à la période difficile que l’on vit actuellement.