Accident d’expression

C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet


Accident d’expression

C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet


10 livres pour s’évader encore (et encore) sans mettre un pied dehors

Chez Trafalgar, on continue de se confiner avec une partie des auteurs qui nous ont appris à nous promener de l’intérieur… Eloge du repos, Huis clos, La place, Just Kids, L’invention de la solitude, Vers une sobriété heureuse…

POUR S’AMUSER DE SON DÉCALAGE

Tout le monde est occupé, Christian Bobin

« Il y a des fous tellement fous que rien ne pourra jamais leur enlever des yeux la jolie fièvre d’amour. C’est grâce à eux que la terre est ronde et que l’aube, à chaque fois se lève, se lève, se lève. » Un court roman terriblement insolite, un conte des temps modernes, où un homme fait l’amour avec les yeux, une femme est enceinte pendant 3 ans, et une petite fille de 6 ans prédit l’avenir. On y croise aussi un canari du nom de Van Gogh, qui a des discussions animées avec Rembrandt, un chat lecteur et philosophe. 

POUR ARRÊTER DE CULPABILISER

Eloge du repos, Paul Morand 

À quoi bon gagner du temps si nous ne savons pas en profiter ? Se reposer est un art. Pour éviter que le temps gagné ne soit aussitôt perdu, Paul Morand se livre ici à une pédagogie ironique : les vacances et les voyages s’apprennent, comme le reste. Cette pratique du repos n’est pas seulement une question de lois et de congés payés, c’est d’abord avec l’âme qu’elle a affaire.

POUR S’AIMER LES UNS LES AUTRES

Huis clos, Jean-Paul Sartre

Un garçon d’étage introduit dans un salon Style Empire, Garcin le journaliste-publiciste, Inès l’ancienne employée des Postes et Estelle, la mondaine. Ainsi débute un hallucinant huis clos. Ils vont se livrer un combat de mots qui leur fera réaliser le sens de la vie et de la mort. Ils s’interrogent sur leur damnation et se cachent sous le masque de la mauvaise foi. Chacun a besoin de l’autre pour exister, prendre conscience de soi ; le regard d’autrui est aussi une menace. La violence, l’humour, le désespoir et la révolte traversent cette pièce d’une simplicité diabolique et à la mécanique implacable.

POUR TRAVERSER LA FRANCE ASSIS

Un fauteuil sur la Seine, Amin Maalouf

En racontant la vie et les aventures des dix-huit personnages qui se sont succédé au 29e fauteuil de l’Académie française depuis 1634, Amin Maalouf nous fait revivre de manière charnelle, quatre siècles d’histoire de France. On revisite ici la querelle du Cid et la révocation de l’Édit de Nantes, l’expulsion des jésuites et l’émergence de la franc-maçonnerie, la Révolution de 1789, le Second Empire, la guerre de 1870 et la Commune de Paris, l’invention de l’anesthésie et celle des funérailles nationales, l’Affaire Dreyfus et les grandes guerres du XXème siècle…à partir d’un simple fauteuil, Amin Maalouf nous fait redécouvrir les riches heures du passé de la France, la permanence de son génie national, ainsi que ses constantes métamorphoses.

POUR FUIR LES BONIMENTEURS

Le Misanthrope, Molière

Alceste, le misanthrope, est le plus loyal et le plus droit des hommes. Malheureusement, il lui manque une vertu : l’indulgence pour la conduite des autres. Dans son rigorisme, il pousse la franchise jusqu’à la brutalité. Un compliment banal, de pure politesse, en voilà assez pour le faire crier au mensonge, à l’hypocrisie, et il ne voit partout qu’imposture, intérêt, trahison, fourberie. Aussi dans sa colère peu réfléchie, il n’épargne personne et ne craint pas de dire qu’il hait tous les hommes.

POUR NE PAS RENIER SES ORIGINES

La place, Annie Ernaux

Il n’est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son Opinel pour manger. Ouvrier devenu petit commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui. Sa fille, Annie Ernaux, refuse l’oubli des origines. Elle retrace la vie et la mort de celui qui avait conquis sa petite place au soleil, et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait : « Les livres, la musique, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre. »

POUR MÊLER TOUTES LES PASSIONS

Just Kids, Patti Smith

Véritable conte, Just Kids commence comme une histoire d’amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Pendant les années de vache maigre, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l’un de l’autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d’ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance.

POUR INTERROGER LA MÉMOIRE FAMILIALE

L’invention de la solitude, Paul Auster

Paul Auster est devenu écrivain parce que son père, en mourant, lui a laissé un petit héritage qui l’a soustrait à la misère. Le décès du père n’a pas seulement libéré l’écriture, il a littéralement sauvé la vie du fils. Celui-ci n’en finira jamais de payer sa dette et de rembourser en bonne prose, le terrifiant cadeau du trépassé. L’écrivain ne cherche pas le sens de la vie. Au contraire, il en souligne le caractère insaisissable par plusieurs commentaires sur la nature du hasard, ces accidents ou contingences qui parsèment le cours d’une existence. « J’avais une blessure et je découvre maintenant qu’elle est profonde. Au lieu de la guérir, comme je me le figurais, l’acte d’écrire l’a entretenue. »

POUR SE DÉDOUBLER

Le Carnet d’or, Doris Lessing

La jeune romancière Anna Wulf, hantée par le syndrome de la page blanche, a le sentiment que sa vie s’effondre. Par peur de devenir folle, elle note ses expériences dans quatre carnets de couleur. Mais c’est le cinquième, couleur or, qui sera la clé de sa guérison. Le Carnet d’or est le portrait puissant d’une femme en quête de sa propre identité, personnelle et politique.

POUR SE SENTIR L’ÂME D’UN COLIBRI

Vers une sobriété heureuse, Pierre Rabhi

« J’avais alors vingt ans, et la modernité m’est apparue comme une immense imposture. »

Dans cet ouvrage, Pierre Rabhi apporte son témoignage sur ce qu’il appelle la « sobriété heureuse », prise en tant que réelle valeur de bien-être, force de libération physique et morale. Il expose de manière claire les failles de la société actuelle et nous invite à réfléchir à une nouvelle forme de société, différente dans ses valeurs, dans les relations humaines et dans le lien à la Terre. Pierre Rabhi nous fait valoir qu’un autre monde est en train de se créer, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à inaugurer une nouvelle éthique de vie, vers une sobriété tranquille et heureuse.


Accident d'expression

C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet


10 livres pour s’évader encore sans mettre un pied dehors

Chez Trafalgar, on continue de se confiner avec une partie des auteurs qui nous ont appris à nous promener de l’intérieur… L’élégance du hérisson, Paroles, La Vie matérielle, Le jardin d’Epicure, La vie devant soi, Les mots, 1984

POUR ARRÊTER DE JUGER UN LIVRE À SA COUVERTURE

L’élégance du hérisson, Muriel Barbery

Renée a 54 ans, elle est la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois et cossu du 6ème arrondissement de Paris. La place de Renée se trouve parmi les érudits, les penseurs et les philosophes. Mais ça, elle ne le dit pas. Elle cultive les archétypes de la profession pour préserver son jardin secret : sa passion pour les héros de Tolstoï, la grande musique et les films d’Ozu. Elle se cache sous une image que tout le monde se fait d’une concierge d’immeuble : une personne qui ne prend pas soin de son apparence, sans éducation, peu aimable et inculte.

POUR POURSUIVRE SA LÉGENDE PERSONNELLE

Manuel du guerrier de la lumière, Paulo Coelho

Un petit garçon s’entretient sur une plage avec une belle et mystérieuse femme qui porte un voile sur le visage ; celle-ci lui demande s’il entend sonner les cloches d’un temple disparu, un jour englouti par les eaux. Mais le petit garçon n’entend rien, et il est déçu. Ce n’est qu’après un an qu’il finira par entendre les fameuses cloches. Heureux, il rencontre de nouveau la femme voilée. Cette fois, celle-ci se décide à lui enseigner les préceptes qui guident la vie de ceux qu’on appelle les guerriers de la Lumière. Ils se reconnaissent au premier regard. Ils sont au monde, ils font partie du monde. Souvent ils trouvent que leur vie n’a pas de sens. C’est pour cela qu’ils sont des guerriers de la lumière. Parce qu’ils s’interrogent. Parce qu’ils continuent de chercher un sens. Et ils finiront, par le trouver. 

POUR GOÛTER AUX CALEMBOURS

Paroles, Jacques Prévert

“Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là, et tu marchais souriante, épanouie, ravie ruisselante, sous la pluie. Oh Barbara, quelle connerie la guerre ! Qu’es-tu devenue maintenant, sous cette pluie de fer, de feu d’acier, de sang ? Et celui qui te serrait dans ses bras amoureusement, est-il mort disparu ou bien encore vivant ?” Ce recueil offre une poésie souvent corrosive, contestataire, parfois drôle et tendre, écrite avec des mots de tous les jours.

POUR PRENDRE DE SES NOUVELLES

La Vie matérielle, Marguerite Duras

“Ce livre n’a ni commencement ni fin, il n’a pas de milieu (…) J’ai hésité à le publier mais aucune formation livresque prévue, ou en cours, n’aurait pu contenir cette écriture flottante de La vie matérielle, ces aller et retour entre moi et moi, entre vous et moi dans ce temps qui nous est commun. Chaque existence est un problème insoluble. Les voisins de palier, rangés verticalement dans les immeubles, on se demande comment c’est possible et on fait partie des rangées. Ce qui remplit le temps c’est vraiment de le perdre.”

POUR REGARDER LE SOLEIL EN FACE

Le jardin d’Epicure, Irvin Yalom

À travers Amelia, James, Mark ou Alice, Irvin Yalom dévoile à chacun de nous comment affronter les défis d’une vie tout en savourant ce que chaque instant a de précieux. Un livre sur le défi le plus exigeant, le plus prégnant que nous rencontrons : surmonter notre peur de la mort. Une préoccupation majeure, omniprésente et universelle qui ressemble au fait de “regarder le soleil en face”. 

POUR DIALOGUER AVEC SA BIBLIOTHÈQUE

L’ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile en 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere – dans un lieu mystérieux : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y adopter un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets enterrés dans l’âme de la ville.

POUR PORTER L’INNOCENCE EN BOUCLIER

La vie devant soi, Romain Gary

Mohammed, dit Momo, raconte sa vie à Belleville chez Mme Rosa, une juive âgée et malade, rescapée d’Auschwitz. Ancienne tenancière de maison close, elle élève des enfants abandonnés ou laissés en pension par des prostituées. Momo considère Mme Rosa comme sa mère. S’il a la vie devant lui, Madame Rosa, quant à elle, est hantée par ses souvenirs d’Auschwitz, se laissant gagner peu à peu par la maladie : « Moi je trouve qu’il n’y a pas plus dégueulasse que d’enfoncer la vie de force dans la gorge des gens qui ne peuvent pas se défendre et qui ne veulent plus servir. »

POUR APPRENDRE LE NOVLANGUE

1984, Georges Orwell

Souriez, vous êtes filmés. Ce roman de science-fiction décrit un régime totalitaire à la tête duquel Big Brother dirige le monde. Ce nom est connu de tous et fait référence à tout système qui cherche à s’infiltrer dans nos vies et à nous contrôler. Smith décrit la société qui l’entoure : la délation généralisée, la négation du sexe et de toute sensualité, la police de la pensée et de la langue, et surtout la surveillance de Big Brother. Liberté est Servitude. Ignorance est Puissance. Telles sont les devises du régime. Pourtant Winston refuse de perdre espoir. Avec l’insoumise Julia, ils vont tenter d’intégrer la Fraternité, une organisation ayant pour but de renverser Big Brother. 

POUR CULTIVER LA FLAMME DE LA CORRESPONDANCE

Les Liaisons Dangereuses, Pierre Choderlos de Laclos

Ce livre est principalement basé sur le pouvoir de l’intrigue et de la séduction. Le comte de Gercourt a quitté la marquise de Merteuil. Celle-ci, furieuse et blessée, décide de fomenter une vengeance terrible lorsqu’elle apprend que Gercourt va bientôt épouser la jeune et innocente Cécile de Volanges. Mme de Merteuil confie une mission de choix à son ancien amant, le Vicomte de Valmont : user de son talent pour le libertinage afin de séduire, et de corrompre, Cécile de Volanges. Valmont n’est pas homme à refuser pareil défi, mais l’objet de toutes ses attentions est ailleurs : il a jeté son dévolu sur une autre femme, réputée dévote et incorruptible, la présidente de Tourvel. 

POUR S’AFFRANCHIR DES CROYANCES

Les mots, Jean-Paul Sartre

Dans cette autobiographie, Sartre raconte ses souvenirs d’enfance. Le livre est divisé en deux parties : « Lire » et  « Écrire » car l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ont été les deux événements les plus marquants pour cet enfant solitaire. Sartre se livre à cet exercice avec un esprit critique et une grande ironie. Il démystifie l’attendrissement dont beaucoup entourent cette époque de la vie : “J’étais un enfant, ce monstre [que les adultes] fabriquent avec leurs regrets.” Pêle-mêle, il rabroue et piétine les illusions d’une vocation littéraire, le mythe de l’écrivain, la sacralisation de la littérature dans un procès dont il est à la fois juge et partie.