Accident d'expression

ACCIDENT D’EXPRESSION 🎨 C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet


Mot à mot : David Lacombled

MOT À MOT avec David Lacombled, Président de la villa numéris

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassé ?
Résilience : ce mot porte beaucoup de significations, il est employé à tout bout de champ, cela n’a plus vraiment de sens. Est-ce que le début de la résilience ne commencerait pas par arrêter d’employer le mot à tout bout de champ ?

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fier d’avoir trouvé ?
Citizen, c’est le nom du livre que j’ai écrit en 2013 ; ce mot affirme mon action au quotidien, la manière dont on forme des citoyens numériques, dont on développe la proximité de l’humain.

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
Top ! À l’écrit, à l’oral, je l’utilise partout ! Lorsqu’il s’agit de faire un retour, c’est commode.

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Distanciel et présentiel, deux mots qui sont très moches et me font mal aux oreilles. Une invention qui n’a pas de consonance, ce n’est pas très élégant et cela durcit ce qui est censé être représenté. Dire que l’on se retrouve à distance par la magie des réseaux, ou dans la même pièce par la grâce des rencontres, cela suffirait.

Le plus joli mot de votre métier ?
Intelligence, qu’elle soit humaine ou artificielle, parce que c’est le sujet sur lequel on travaille. Ce sont bien les rencontres qui donnent naissance aux idées, qui permettent de lier des éléments entre eux, alors qu’ils n’avaient pas spécialement de rapport. Et puis l’intelligence, c’est un mot très beau.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attaché ?
Godelureau ! C’est un vieux mot français et familier, qui signifie un jeune homme galant et remarqué. C’est l’expression d’un de mes fils, et cela me fait beaucoup rire quand il la dit.

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Billevesée pour les paroles qui n’ont pas beaucoup de sens, qui sont vides ou creuses ! Cela pourrait être une alternative crédible pour remplacer “fake news” ou ”infox” !

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Bravo. Encore plus lorsqu’il est prononcé par quelqu’un qui salue nos travaux, la qualité de nos rencontres, l’esprit ou la chaleur qui y règne.

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Occurrence ; il a deux sens, je l’utilise souvent pour dire “en l’occurrence” mais je me demande toujours s’ il y a deux C ou deux R, j’ai toujours un petit doute.

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
To impact, qui donne le verbe impacter : à force de le dire partout, il n’y a plus vraiment d’impact.

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Panache ! Avoir du panache, c’est joli, et même s’il en va de sa signification, il donne même fière allure à celui qui l’emploie !

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Champagne ! Cela vient saluer une satisfaction collective, à la fin d’une réunion si tout le monde est d’accord, sur la même longueur d’ondes et bien on dit “Champagne” !

Le mot de la fin ?
Merci. C’est un beau mot, je pense qu’il est important de veiller à toujours l’utiliser.


Accident d'expression

C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet


Abécédaire : Exigeant versus accommodant

Il y a ce mot délicat qui s’enfile comme un gant, celui dans lequel on se sent à l’étroit, plus distant. Il y a ce mot-valise, ce mot sur le départ qui ne nous dit trop rien, puis celui qui nous parle, à peine l’a-t-on croisé, et dont la nuance infime ne se laisse remplacer par aucun synonyme.

Exigeant versus accommodant : le “e” est à l’honneur dans notre Abécédaire !


Accident d'expression

C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet