Notre nouvelle Maison : l'envers du décor 

Après des jours de travaux intensifs, nous avons pu laisser de côté nos tenues de chantier pour nous atteler à notre étape préférée : la décoration de 120 m² en plein cœur de la rue du Président Édouard Herriot. Même avec les masques, notre équipe ne saurait dissimuler sa joie, chaque fois qu’elle vous voit passer le seuil de notre nouvelle Maison de Portraits et applaudir l’investissement physique et émotionnel que nous avons souhaité lui consacrer ! Bienvenue chez vous !


Notre nouvelle Maison : gratter, poncer, huiler 

Travaillant latte par latte, mètre carré par mètre carré, notre patience a été mise à rude épreuve, mais nous sommes parvenus à retirer toute la colle du sol et à préparer le terrain comme il le fallait pour laisser place à la sciure des ponceuses à disque. Cette seconde étape s’est terminée tout en douceur, avec les finitions et le verni !


Notre nouvelle Maison : du sol au plafond

Nous avons laissé de côté quelques jours nos petits doigts littéraires, pour manipuler les grattoirs et les rouleaux afin de transformer notre nouvel espace de travail en une Maison d’Écriture Haute couture digne de ce nom ! Première étape : repeindre tous les murs, arracher plus d’une centaine de dalles de moquette, et retrouver le sublime parquet chevron qui se cachait en dessous…

Une pensée particulière pour notre famille, nos amis et collègues entrepreneurs qui n’ont pas hésité à venir nous prêter main-forte jusque tard dans la nuit !


Lettres Capitales : vos courriers rédigés à la main, postés ce jour !

«Si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant. » – Charles-Maurice de Talleyrand.

À ceux qui ont reçu une lettre : 

Vous recevez cette lettre car un de vos proches a pensé très fort à vous dès l’annonce de cette terrible pandémie mondiale, et qu’il n’a pas hésité à participer à notre grande chaîne de lettres pour vous mettre au cœur de cette initiative littéraire et solidaire. Car c’est bien de cœur qu’il s’agit ; de mots qui se voulaient libres de sortir sans attestation dérogatoire, de sentiments forts et sincères qui ne méritaient pas de rester confinés. Ou peut-être juste un temps, gardés précieusement dans les mains de nos équipes pour tenir notre engagement. Celui de transmettre chaque lettre sortie des claviers de France et de l’étranger, à chaque destinataire, dès que les portes pouvaient être à nouveau ouvertes. Une manière, aussi, de savourer ce retour au temps long, et de contrer l’immédiateté dont se passent souvent certains sentiments.

Le projet LETTRES CAPITALES, découvert par votre proche, était celui-ci :

«Pour vous permettre d’exprimer vos sentiments et vous aider à rompre l’isolement, la Maison Trafalgar organise une résistance ! Nous savons que les mots sont des vecteurs puissants. Aussi, nous souhaitons nous investir à notre échelle, et créer une grande chaîne de lettres pour nous faire le relais de votre correspondance. Lettre à un grand-parent, à l’être que vous aimez, lettre à celui qui l’ignore ou qui le sait, lettre à un membre de votre fratrie, de votre équipe sportive, ou de votre entreprise. Lettre à votre enfant, lettre d’amitié, lettre à vous-même ou à votre voisin de palier… Écrivez ! Écrivez, et, sans lui dire un mot, transmettez-nous votre courrier, depuis la rubrique Formulaire de notre site internet dédié. À la fin du confinement, nous nous engageons à envoyer cette lettre en version manuscrite, à l’adresse physique du destinataire auquel vous avez pensé. D’ici l’armistice bienfaitrice, nous attendons tous ceux qui veulent saisir l’occasion de s’essayer au format épistolaire, de jouer les Apollinaire, ou simplement d’ouvrir son cœur naturellement, sans insister stylistiquement.»

Selon l’accord de votre proche, la lettre qui vous est aujourd’hui adressée a pu être mise en ligne de manière anonyme tout au long du confinement, ou bien rester secrète jusqu’à l’envoi papier.

Nous vous précisons que les informations communiquées par votre proche au sujet de votre nom, de votre prénom, et de votre adresse postale, ne seront jamais utilisées à d’autres fins que le cadre de ce projet.

Nos petites mains invisibles ont veillé à recopier avec le plus grand soin ces mots qui ont été écrits pour vous. Il ne vous reste plus qu »à les lire ; à lire et à téléphoner, remercier, exprimer, décider, vibrer, rire, pleurer, comprendre, accepter, danser, aimer, pardonner, choyer, inviter, célébrer, ou simplement vous déplacer pour serrer cette personne dans vos bras – si vous le pouvez.

« À force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. » – Edgar Morin

À ceux qui l’ont écrite : 

Nous vous remercions toutes et tous pour votre participation active à notre initiative littéraire et solidaire ! Le projet Lettres Capitales est désormais terminé, et nous avons la joie de vous annoncer que toutes les lettres déposées sur le formulaire de notre site (ou envoyées par mail) ont bien été rédigées sur papier et glissées avec le plus grand soin dans de belles enveloppes… (compte tenu du nombre, cela avait largement de quoi combler nos cœurs et nos heures durant le confinement !)

La promesse de nous faire le relais de votre correspondance a été tenue : toutes vos lettres ont été postées ce vendredi 15 mai depuis la ville de Lyon ! Quel que soit le destinataire associé à vos lignes (un membre de votre famille, un ami, une moitié, parfois vous-même ou une personne disparue à qui vous souhaitiez tout de même rendre hommage…), nous serons très heureux de recevoir de vos nouvelles. Votre adresse postale a bien ajoutée au dos de chaque enveloppe. En cas de problème, tout a été prévu pour qu’elle vous revienne. Dans l’attente (plus ou moins longue en fonction des envois à l’étranger), nous comptons sur vous pour garder le secret jusqu’au bout !

Nous vous remercions sincèrement d’avoir partagé votre émotion. Certaines pensées ont une portée au pouvoir universel, et ont largement participé à toucher de l’intérieur tous ceux qui n’ont pas eu le courage de les écrire, ou la chance de les recevoir.

L’équipe de la Maison Trafalgar


Lettre 95 : À Atalanta

À Condom

Le 16 avril 2020

Parfois, quand les jours sont tristes, il nous peut douter. Nous avons l’idée que personne ni ne comprend, ni ne partage notre vertige. Nous nous sentons hors du monde !

Pourtant, il vient du doute les plus grandes résurrections ! Douter n’est que simple étape vers une conscience meilleure ! Il est simplement du rôle de la vie de nous rappeler que nous ne pouvons la suivre sans quelque arrêt.

Vous vous soignerez, je le sais ! Vous regarderez bientôt ces jours comme une époque nécessaire à la fortune de la suivante. Convenez par ailleurs de ne point trop regarder derrière, il vous reste davantage devant ! Mais ne tardez pas d’inverser, les heures ont bien fait d’avancer.

Pour le peu que je puisse conseiller, profitez du moment même quand il est malheureux. À votre personne de rester positive ! Vous avez déjà le cœur dans la conviction des causes sincères, supportez la vôtre par instant ! Ne vous oubliez pas. Vous vivez ! Vous avez des talents. Vous êtes confortable dans les relations de groupe ! Vous êtes le théâtre qu’on applaudit ! Vous êtes parmi les femmes de demain, qui se sont affranchies !

Rêvez ! Appréciez-vous, sans le regard que l’on vous autorise ! Vous êtes belle, et même si vous le refusez encore, il sera toujours quelqu’un pour le voir. Allez dans la vie, comme dans une fête de bal, en tendant votre main, vous pourriez trouver une autre qui la pourrait changer.

Le monde vous attend. Vous y ferez beaucoup.

Douces attentions


Lettre 40 : À Guillaume

À Aubenas

Le 01 avril 2020

Cher “Gnom”,

Au légitime pourquoi que doit engendrer cette missive, dis-toi que l’irrationalité de cette lettre est à la hauteur du chaos qui règne dans le monde actuellement. Est-ce un exercice de prose, de la curiosité, un défi ? Un coup de folie dans un moment hors du temps ? Et pourquoi pas, finalement ? Car au bout du compte, ça ne coûte pas grand-chose, de prendre le risque de penser à quelqu’un… Et puis, à l’heure où l’on n’a rien de plus à faire que de s’occuper l’esprit, quoi de mieux qu’un geste insensé pour combattre l’ennui ? Cela ne veut pas dire qu’il est dénué de sens, mais qu’il flotte tel un avion en papier au gré du vent, sans espoir de retour. Parce que l’écriture, elle, est immuable, quand les souvenirs se jouent de nous. Pourtant j’ai gardé comme quelques parenthèses, des petits morceaux de ce que tu m’as laissé : une boîte à cigares, des photos, une dédicace dans un livre… Tu as toujours su manier les mots et les émotions avec passion. C’est dommage que le genre épistolaire se perde… Te souviens-tu ? L’attente, la découverte, et nos sentiments couchés sur le papier. Nous étions si jeunes, si purs. À l’âge où nous ne pouvions pas encore anticiper, définir, ni nous projeter. Il n’a fallu qu’un feu d’artifice et ta main dans la mienne. C’est beau, un premier amour, ça ne ressemble à rien d’autre. Je sais qu’il n’y a pas eu que des bons moments, mais ma mémoire, pourtant capricieuse, met un point d’honneur à te garder précieusement dans un coin de ma tête, comme un trésor caché que l’on admire les jours de pluie pour se redonner le sourire. Alors te voilà aujourd’hui. Mais tu fais bien plus que combler le vide, tu l’embellis. Juste un instant, en existant derrière ta fenêtre, ton écran, ton stylo peut-être. Et j’aimerais te remercier comme tu l’as fait, il y a 14 ans. De l’autre bout de la France… ou du monde, car la distance importe peu dans un univers en suspens. Je ne te parle pas de nostalgie, non. Ça n’a jamais été mon genre et j’évite soigneusement les regrets. Mais j’admire la franchise, la belle, la vraie. Celle qui n’a pas peur du ridicule et qui se fout des conventions. Parce que je crois qu’il est plus que jamais important de dire aux gens ce que l’on ressent. Néanmoins, ceci n’est pas une lettre d’amour, rassure-toi. Pas au sens romantique du terme en tout cas. Sans doute plus une bouteille virtuelle lancée dans un vortex de bonnes intentions, saupoudrée d’humanité. Peu importe finalement. Elle est à toi et tu pourras en faire ce que tu voudras. Pour finir, sache que je te souhaite de te brûler les ailes pour le meilleur, dans un avenir “semblable à un mois d’étoiles”…

Prends soin de toi,


Lettre 12 : À Gustave

À Plouezec

Le 25 mars 2020

Mon petit Gustave,

Il y a un mois, lorsque j’ai reçu ta première photo sur mon portable, mon cœur s’est emballé, j’ai même eu l’impression qu’il se décrochait, moment magique ! Très attendu depuis des mois, et ce n’est rien de le dire. Tes parents avaient quasiment tout anticipé : le déménagement, les achats divers et variés pour que tu ne manques de rien, et ils ont lu et visionné tout ce qui pouvait leur permettre de t’accueillir dans les meilleures conditions possibles. Mais, il y a une chose qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que tu arriverais en même temps que le COVID19. Non, ce n’est pas une nouvelle comète ou un extraterrestre, juste un virus minuscule, invisible, incolore et inodore mais qui impose le confinement des hommes dans le monde entier. Une première pour notre planète. Pour toi, qu’est-ce que cela change ? Tu seras un des premiers bébés français dont le papa aura testé le congé paternité d’au moins deux mois. Tu pourras en tirer toutes les conséquences pour les combats à venir. Tu seras un précurseur dans le domaine de la téléconsultation médicale et tu as d’ores et déjà pu tester la résistance de tes parents ; tu sais que tu pourras compter sur eux quoi qu’il arrive. Ce n’est pas rien, tout cela, pour un petit homme d’un mois. Ça, c’est le côté plein du verre, et pour moi, c’est le seul qui mérite d’être regardé. N’oublie jamais cela… ça aide. Quand tout cela sera terminé, tu auras un peu grandi, et tu pourras venir découvrir notre univers… j’ai hâte !

Grand-mère


Lettre 3 : À Lydia

À Lyon

Le 22 mars 2020

Golden threads over auburn eyes.

Light bouncing off freshly washed sheets. Outstretched hands at dawn.

Heated conversations blazing off into cool nights. The lion’s roar.

New York, Vermont, Kabik, Lyon, Istanbul, Tulum, and Rome.

Two ducks gliding along the surface. The forehead kiss.

Bourbon induced hypnosis. SO MUCH FUN.

Endless days of endless summers. Long blades slashing down crystal hills.

Not being where you are not. Being there for the ones who count. Family.

A series of detours. Not seeing well in the dark.

Optimism against all odds.

A hostess and a chef; non-fiction, fiction. Pink walls.

Sandy toes and tired shoulders. What a good swim.

Amaryllis blooms, four flowers facing all directions.

Rewriting the alphabet. Removing the space between K and L.

Happiness.


Une année 2020 à la hauteur de votre singularité

« Je suis ce mot BANAL, mais qu’on juge bien utile,
Je suis là quand les mots plus justes se défilent,
Quand l’envie n’y est pas, ou bien quand le temps PRESSE,
Je me glisse PARTOUT sans astuce ni adresse.
Si je passe inaperçu, je suis apprécié,
Je suis le bon copain ! Le SI VITE OUBLIÉ,
Mais je me lasse d’orner le moindre propos,
Et de peu à peu perdre le sens des mots.
Je parle de vision, de PASSION, d’engagement,
Je choisis « aimer » – car j’ai PEUR des sentiments –
Sans nuance pour un plat, pour un homme, pour un vers,
Tout est AUTHENTIQUE, tout est révolutionnaire.
Je m’escrime à écrire qu’un rien est convivial,
Pour moi chaque ambiance est toujours familiale.
Je dis beau, je dis GRAND, je me fais transparent,
Loin d’être original, je laisse indifférent.
J’étiquette à TOUR DE BRAS « fait avec amour »,
Sans jamais chercher à affiner mon discours.
Je préfère les routes du coeur libéré,
Je me CONTENTE bien des images galvaudées,
De ce nouvel élan, ou du train vers demain,
J’aime les mots TORDUS qui me viennent de loin,
L’ubérisation me donne l’air érudit,
Je me perds à vouloir cueillir les ressentis.
À parler d’humanisme je deviens LIVIDE,
Je suis grandiloquent, mais comme une COQUILLE vide,
Je veux tout et rien dire, et NULLE PART je résonne :
CAR À PLAIRE À TOUT LE MONDE, ON NE PLAÎT À PERSONNE. »