Intervention au Ritz-Carlton Hotel de Genève pour Influence Society

𝐼𝑛𝑡𝑒𝑟𝑣𝑒𝑛𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑟𝑖𝑣𝑒𝑠 𝑑𝑢 𝑙𝑎𝑐 𝐿𝑒́𝑚𝑎𝑛, 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑙𝑒 𝑀𝑜𝑛𝑡 𝐵𝑙𝑎𝑛𝑐 𝑒𝑛 𝑡𝑜𝑖𝑙𝑒 𝑑𝑒 𝑓𝑜𝑛𝑑… La semaine dernière, les deux associées de la Maison Trafalgar ont eu le plaisir de répondre à l’invitation de notre partenaire Sébastien FELIX, fondateur de l’entreprise Influence Society. L’occasion de faire résonner les mots de notre Manifeste en faveur de l’écriture haute couture dans un lieu aussi mythique que The Ritz-Carlton, Geneva.

« 𝐋’𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐞𝐧 𝐩𝐥𝐞𝐮𝐫𝐞𝐫, 𝐨𝐮 𝐥’𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐞𝐧 𝐫𝐢𝐫𝐞,

𝐀𝐮 𝐯𝐢𝐧𝐠𝐭-𝐞𝐭-𝐮𝐧𝐢𝐞̀𝐦𝐞 𝐬𝐢𝐞̀𝐜𝐥𝐞, 𝐢𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 ! »

Un grand merci aux différents hôteliers genevois présents ; merci pour l’accueil si particulier qu’ils ont réservé à notre Maison, et pour toutes leurs questions – gages d’un très bel intérêt ! 

Bravo, surtout, aux intervenants qui ont joliment ouvert le bal avant que Bérengère Wolff et Marion Derouvroy ne se consacrent au pouvoir de la narration et du Portrait : Sébastien FELIX, sur le sujet du Metaverse et de l’industrie hôtelière ; Marie-Agnès Kerneis de Namastay, sur les solutions techniques innovantes ; Camille Broussin, sur les budgets et la stratégie 2023 des établissements. 

Cécile Lioult, à bientôt pour un prochain évènement SOCIETIES ! 


La Maison Trafalgar célèbre ses 7 ans !

Si 7 ans est l’âge de raison, alors ces 7 belles années nous auront donné raison d’avoir :

  • Inventé notre métier de Portraitiste sur un marché de niche ;
  • Élaboré, puis perfectionné un processus de création qui ose faire confiance aux talents et au temps long ;
  • Démontré combien l’écriture pouvait être le socle d’une entreprise pérenne ;
  • Porté l’amour des mots au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dans les universités, les comités de direction, les conseils stratégiques de la Métropole, mais aussi dans des lieux aussi cruciaux qu’une maison d’arrêt ;
  • Ciselé une signature textuelle forte sans rentrer dans le rang des marques blanches ;
  • Cru en des profils atypiques, et repéré des potentiels qui se sont révélés au sein de notre Maison d’écriture ;
  • Boudé la facilité en internalisant notre savoir-faire et en construisant des carrières, dans une époque où les métiers d’écriture sont le plus souvent précarisés ;
  • Dit « non » à des propositions qui nous auraient dénaturés ;
  • Démocratisé la littérature en entreprise, en faisant parler les objets, les lieux, les marques et les concepts autant que les femmes et les hommes ;
  • Continué d’ouvrir nos portes à tous les acteurs, des startups naissantes aux plus grandes références du monde du luxe, en passant par les entreprises de Métiers d’art, les groupes leaders, les TPE et les PME familiales ;
  • Tenu à apporter notre expertise à tous les secteurs, que nos clients soient agriculteurs, stylistes, chimistes, ingénieurs, transporteurs, horlogers, chocolatiers, vignerons, confiseurs, hôteliers, développeurs, franchisés, repreneurs ;
  • Installé notre Maison dans notre ville de Lyon, pour accueillir des clients venus des quatre coins du monde ;
  • Donné de notre temps à de nombreux autres entrepreneurs, et soutenu à notre tour les différentes structures d’accompagnement qui nous ont vu naître ;
  • Témoigné de notre fidélité à des photographes, illustrateurs, graphistes, traducteurs, pianistes, sound designers passionnés, partenaires de confiance depuis le début de notre histoire ;
  • Diversifié nos domaines d’activité pour devenir une Maison complète, experte des mots à l’écrit et à l’oral, en développant également nos formations à l’éloquence et à la prise de parole en public ;
  • Déjoué tous les pronostics et toutes les prophéties pour réaliser une croissance continue, année après année ;
  • Pris autant de plaisir à vivre ensemble, depuis 2015, cette ravissante, touchante, courageuse, ambitieuse, prometteuse aventure entrepreneuriale !

JOYEUX ANNIVERSAIRE TRAFALGAR ! 

Merci à notre talentueuse équipe ; à nos clients historiques et à ceux qui poussent chaque jour les portes de Trafalgar ; merci à nos mentors, familles, partenaires et amis, sans qui nous n’aurions pu faire ce pari fou de redonner ses lettres de noblesse à l’écriture et de transformer une des plus grandes défaites françaises en réussite !


Les Entretiens de l’Excellence : intervention des associées de la Maison Trafalgar

Nous devons continuer à lutter activement contre les inégalités d’accès à l’enseignement. Une fracture informationnelle au niveau des possibilités post-bac pénalise les collégiens et lycéens des milieux défavorisés et ruraux. Il y a quelques jours, Bérengère Wolff et Marion Derouvroy, les deux associées de la Maison Trafalgar, ont eu le plaisir d’intervenir pour l’association Les Entretiens de l’Excellence ! Elles ont répondu aux questions des jeunes méritants, tout en les conseillant dans leurs choix d’orientation. 

Fondée en 2006, l’association les Entretiens de l’Excellence a à cœur de :

➡ lutter contre les inégalités d’accès à l’orientation,

➡ permettre aux jeunes de se familiariser avec les valeurs et les codes de l’entreprise,

➡ faciliter leur intégration dans le monde du travail,

➡ faire participer plus de 15 000 élèves chaque année aux Tournées de l’Excellence,

➡ leur faire rencontrer des intervenants aux parcours inspirants,

➡ susciter les ambitions de jeunes isolés géographiquement ou socialement.

Ce qu’en disent les participants ?

« Ça donne envie de persévérer et de croire en nos rêves ! »

Depuis 2015, les équipes de la Maison Trafalgar s’engagent également à :

➡ mentorer les entrepreneurs du Studio Sisuu, pour construire un nouveau modèle pour les entrepreneurs de demain,

➡ marrainer des créatrices d’entreprises via le Moovjee, pour accompagner l’entrepreneuriat pour les jeunes,

➡ assurer des formations pour French Tech tremplin, qui travaille à renforcer la diversité et l’inclusion dans le monde de l’entreprenariat, et Sport dans la Ville, la principale association d’insertion par le sport en France,

➡ promouvoir l’entrepreneuriat et participer à une véritable dynamique territoriale, en siégeant au conseil stratégique de La Métropole de Lyon,

➡ organiser des portes ouvertes Trafalgar, chaque année, dédiées aux étudiants d’universités,

➡ prendre soin des carrières et développer l’employabilité des talents littéraires.

Un grand merci à Jean-Felix Biosse Duplan pour son invitation. Et bravo à nos clients Vivlio de s’engager aussi activement !


Depuis cette année, Marion et Bérengère sont engagées auprès de Romane Vianet et Jasmine Boutaghat-Matagne, les deux co-fondatrices de la marque Genre. 

À la création de la Maison Trafalgar, Marion et Bérengère avaient 22 et 25 ans. Sept années plus tard, elles sont toujours aussi reconnaissantes des mentors qui leur ont permis de répondre à leurs questions, de trouver du soutien et de développer leur entreprise dans les meilleures conditions. Pierre Poizat, Roger Monnami, Marc Renart, Sacha Rosenthal, Agnès Sarrazin-Millet, Audrey Julienne…

À leur tour, elles ont souhaité prêter main-forte à un autre duo de jeunes femmes dirigeantes pour soutenir leur mission : redéfinir la Liberté Vestimentaire à travers une marque de vêtements minimalistes et androgynes, proposant des ensembles unisexes aux coupes inclusives et travaillées.

La parole est à Romane :

« Une expérience mentorale, c’est un peu comme un premier rendez-vous. La joie se mêle au stress, à l’excitation, et à l’impatience.  Lorsque le Moovjee m’a informée que Marion Derouvroy, de la Maison Trafalgar, allait être ma mentore, je me souviens avoir sauté partout ! Après des mois d’attente, j’étais si reconnaissante que quelqu’un me tende la main ! Et puis j’étais fière qu’une si belle Maison, et qu’une dirigeante que j’estimais déjà, puisse croire en moi de cette manière, percevoir un avenir pour notre marque, une légitimité. En plus de nous ouvrir leur porte, Marion et Bérengère ont su tailler pour nous un accompagnement sur mesure, à la fois en termes de vie professionnelle, de vie personnelle, de vente et de posture. Nos perspectives et mon discours ont évolué au gré de nos rendez-vous, tout comme ma confiance en moi. J’ai appris à mieux me connaître, à mieux connaître l’entrepreneuriat, à considérer Genre comme une entité à part entière. L’expérience du mentorat n’en est qu’à la moitié, mais j’ai déjà bien conscience de tout ce que j’ai appris, et surtout éclairci. On se retrouve parfois seule lors de ses premiers pas dans l’entrepreneuriat ; Marion et Bérengère sont de jolis miroirs dans lesquels on peut projeter notre propre image, nos peurs, nos doutes mais aussi nos rêves et nos espoirs. Parce qu’elles sont aussi deux entrepreneures, et qu’elles sont passées par les mêmes étapes que nous, les clés apportées sont réelles, et leur soutien concret. Merci ! »

Elles sont jeunes,

Elles créent des entreprises,

Elles créent des emplois.


La Maison Trafalgar rejoint le club des FFI !

« Vous voulez changer le monde ?
Faites-le avec votre entreprise ! »

C’est une nouvelle aventure dans l’aventure entrepreneuriale : Bérengère Wolff et Marion Derouvroy, les deux associées de la Maison Trafalgar, sont heureuses de s’engager aux côtés des FFI !

Les Forces Françaises de l’Industrie ?

Ce Club, fondé par Laurent MoissonGilles ATTAF et Emmanuel DELEAUa pour vocation de bâtir un réseau d’entrepreneurs engagés pour le territoire français. Un Club fondé par des entrepreneurs, pour des entrepreneurs, mais ouvert à tous ceux qui croient au made in France.

Nous sommes convaincus que l’entreprise peut être un puissant vecteur de changements concrets, rapides, opérationnels, durables et ce, à très court terme. Par des inventions qui changent la donne, par des valeurs de management plus inclusives, par une création de richesse mieux répartie, par une culture plus responsable et une volonté de s’engager dans un monde qui change, les entreprises ont une liberté, une rapidité et une puissance d’action immédiatement mobilisables sur les sujets qui comptent !

Un grand merci à Clémentine COLIN RICHARD et à Candice Genton de nous avoir ouvert le chemin des FFI !

Après notre première participation à Bourgoin-Jallieu, nous avons hâte des prochaines éditions à Lyon le 18 octobre, puis à Paris le 10 novembre prochain ; hâte de rencontrer de nouveaux adhérents et ambassadeurs de ce beau réseau prometteur !

Yannick Cartailler, Patrick CANCELLIER, Baptiste PLOQUIN, Jean-Pierre CAUCHY, Lydie FERRE, Christine Papin, Adrien Sfecci, Nicolas Donnaint, Raynaut Escorbiac, Amélie Prats !


Portrait vidéo de Yohann - immersion dans le quotidien d’un pomiculteur.

Pour répondre à la demande croissante de ses clients, la Maison Trafalgar a travaillé en profondeur une offre Portrait vidéo aussi singulière que sa signature textuelle. Un format « Portrait iconique », promettant une immersion complète dans l’histoire de chaque collaborateur, artisan, ambassadeur.

La création vidéo réclame aussi une écriture. Après avoir réalisé le Portrait écrit du Directeur général d’Agriconnect, qui revient sur l’histoire de Jose Sallés, jeune ingénieur bolivien déterminé à penser l’arboriculture du futur ; le Portrait du robot Cclair, un triptyque d’écrits aspirationnels, un pack de dix tribunes, un Manifeste engagé, ainsi qu’une galerie de témoignages collaborateurs, les équipes Cclair nous renouvellent leur confiance avec deux vidéos d’ambassadeurs ! Un grand merci pour leur fidélité.


Portrait vidéo de Robert - immersion dans le quotidien d’un pomiculteur.

Pour répondre à la demande croissante de ses clients, la Maison Trafalgar a travaillé en profondeur une offre Portrait vidéo aussi singulière que sa signature textuelle. Un format « Portrait iconique », promettant une immersion complète dans l’histoire de chaque collaborateur, artisan, ambassadeur.

La création vidéo réclame aussi une écriture. Après avoir réalisé le Portrait écrit du Directeur général d’Agriconnect, qui revient sur l’histoire de Jose Sallés, jeune ingénieur bolivien déterminé à penser l’arboriculture du futur ; le Portrait du robot Cclair, un triptyque d’écrits aspirationnels, un pack de dix tribunes, un Manifeste engagé, ainsi qu’une galerie de témoignages collaborateurs, les équipes Cclair nous renouvellent leur confiance avec deux vidéos d’ambassadeurs ! Un grand merci pour leur fidélité.


La Maison Trafalgar réalise le Portrait vidéo du quartier de La Part-Dieu !

Comme vous le savez, la Maison Trafalgar est une Maison de Portraits complète !

En complément de nos Portraits écrits, photographiques, dessins, audio, nous poursuivons avec nos Portraits vidéo !

Aujourd’hui, nous sommes fiers de vous partager notre dernière réalisation : le Portrait vidéo d’un quartier de Lyon, reconnaissable à son emblématique crayon !

Une immersion saisissante et inédite dans une aire d’affaires de caractère qui rappelle que la production audiovisuelle ne saurait se passer d’écriture !

« Les amateurs de raccourcis diront que je ne suis qu’un pur produit de modernité, qui se décline en avenues goudronnées et tours surchauffées. Mais sur ma cuirasse de verre se projettent les âmes qui m’arpentent : je suis ce voyageur qui sort de gare, satisfait d’être arrivé, je suis cette amoureuse de mode qui s’égare, béate, dans les alvéoles de mon poumon commercial, je suis cet homme d’affaires qui surplombe son ancienne faculté, du haut de son perchoir chromé. »

Sollicitez à votre tour nos services dans le cadre de projets vidéo !

Réalisation écrite : Maison Trafalgar & Maxime Duranté
Voix : Virgile Deslandre
Réalisation vidéo : nos supers partenaires de EO Production !


La Maison Trafalgar poursuit son offre vidéo - Ateliers Jouffre

Pour répondre à la demande croissante de nos clients, la Maison Trafalgar a travaillé en profondeur une offre Portrait vidéo aussi singulière que sa signature textuelle.

Un format « 2’00’’ avec », afin de présenter autrement les métiers d’une entreprise, mais aussi un format « Portrait iconique », promettant une immersion complète dans l’histoire de chaque talent, artisan, et collaborateur.

La création vidéo réclame aussi une écriture. Après avoir réalisé le Portrait écrit des Ateliers Jouffre et trois Portraits écrits des talents de l’entreprise à l’occasion de leur départ à la retraite, Les Ateliers Jouffre nous renouvellent leur confiance avec deux vidéos ! Un grand merci aux équipes, à Charles Jouffre, Romain Jouffre, Jade Nguyen, Lionel et Amel, pour leur fidélité.


Tribune : Le mot et l’aumone - le carton plein des littéraires

Métiers du livre – la machine à fabriquer mille Gaston Gallimard par an pour mieux les broyer ensuite ?

– Paul Fournel, La liseuse

L’ironie de cette citation recouvre une réalité quelque peu cruelle dont une vieille blague, douteuse s’il en est, familière à l’esprit de certains lycéens, étudiants ou préparationnaires de tous poils, se fait l’écho : « Les ingénieurs conçoivent les cartons, les commerciaux les vendent, les littéraires dorment dedans ». Une citadelle de papier vaut donc pour maison en carton. Pirouette, cacahuète.

Nombreux sont parmi nous ceux qui se souviennent de ce lourd débat familial qui glaçait l’ambiance d’un dîner, lorsqu’un élève en classe de seconde annonçait à ses parents qu’il souhaitait choisir la filière littéraire. Dans un fracas assourdissant, s’effondrait alors le monde tel que le concevaient père et mère, un monde de « sécurité financière », de « belle carrière », de « reconnaissance sociale ». Le lycéen s’y était préparé. Cette rengaine, il la connaissait, depuis le collège, où enseignants, camarades, conseillers d’orientation, oncles ou cousines éloignées faisaient valoir que le monde se divise en deux catégories : ceux qui réussissent, et ceux qui ratent – et que les littéraires faisaient immanquablement partie de la moins enviable des deux. Ainsi se fomentent les destins ; et le pouvoir redoutable des prophéties auto-réalisatrices de conforter nos sociétés dans cette voie, devenue inéluctable à force d’avoir été présentée comme telle.

L’image est plus terrifiante qu’il n’y paraît de prime abord, puisqu’elle signifie, symboliquement, que les scientifiques (qui sont-ils ?) incarnent le monde de l’esprit ; que les commerciaux (que sont-ils ?) représentent le monde strictement économique ; que les littéraires (c’est quoi ?) subsistent, non pas grâce à leur force et à leur agilité, mais grâce à la charité. Ne parlons pas même, à cet égard, des artistes et autres intermittents du spectacle.

S’il est exact qu’un tel point de vue existe, si la paranoïa n’y joue pas de rôle, il convient donc d’y mettre un ordre. À l’échelle de l’histoire de l’humanité, la séparation des arts, des lettres et de la science est chose tout à fait récente. Les économistes, par exemple, qui pour bon nombre tiennent leur pratique pour une science “dure”, parce que faisant usage d’outils mathématiques – souvent puissants et sophistiqués par ailleurs – portent peut-être trop peu d’attention au fait que la mathématisation de leur discipline ne date que de la toute fin du XIXe siècle, et qu’une bonne partie de la « littérature » économique, comme on la nomme si bien, est en grande majorité restée verbale. De façon plus générale, les mathématiciens et physiciens furent souvent philosophes, voire poètes ou musiciens – et parfois le sont encore.

Quelque artificielles que puissent être ces trois catégories : scientifique, commerciale et littéraire, en réalité calquées sur le baccalauréat, il est probable que le mépris parfois affiché à l’égard des littéraires tient plutôt ses origines de considérations économiques que scientifiques. En effet, les littéraires, on le dit parfois, ne produisent rien et, par conséquent, ne sont d’aucun apport pour le PIB. Le marché détermine ainsi un critère d’utilité à l’aune duquel, incontestablement, le monde littéraire fait pâle figure une fois comparé à celui de l’énergie ou à celui des nouvelles technologies. Si discutable que puisse être ce critère pour jauger l’avancement, le développement d’une société, il masque habilement une autre réalité : ni les nouvelles technologies, ni les entreprises spécialisées dans l’énergie ne peuvent faire l’économie des mots. Bien des entreprises se trouvent totalement désemparées lorsque vient l’inévitable moment de décrire verbalement leurs idées, de créer leur site internet, de rédiger leur plaquette de présentation, et se tournent alors vers les agences ou les rédacteurs indépendants.

Le marché de ces derniers est particulièrement intéressant à analyser. Un des portraitistes de la Maison Trafalgar a observé, et nous a fait observer des « offres » – le mot est sans doute un peu fort – adressées à ces indépendants : la capacité à tenir une plume se monnaye parfois… trois centimes le mot. Soit environ quinze à dix-huit euros la page en salaire brut, dont il faut retirer les charges. Il s’agit donc probablement, quand on mesure le temps qu’il faut employer pour parvenir à un texte de qualité, et compte tenu des éventuelles corrections exigées par le commanditaire, d’une des plus basses rémunérations de France, pour l’exécution d’un travail qui exige, pourtant, un niveau certain de qualification. Pirouette mais surtout, donc, cacahuètes. La Maison Trafalgar a fait, elle, le pari d’internaliser ses talents et de leur offrir une véritable sécurité psychologique et financière. Écrire serait donc, finalement, un travail – dans tous les sens du terme.

Il m’arrive aussi, et je m’y prête volontiers, d’être appelé pour des missions de formation en entreprises, missions visant à améliorer la capacité de rédaction des collaborateurs. Que leur niveau soit faible, élevé, remarquable ou préoccupant n’est pas ici le sujet. Ces appels symbolisent à mes yeux les besoins des entreprises. Or, s’il y a besoin, il y a un marché ; s’il y a un marché, c’est que les littéraires sont des entités économiques qui méritent toute considération et ce, même si l’on décide de prendre pour critère de considération des individus et de leurs compétences, leur participation au PIB. Il est dès lors curieux qu’on puisse observer ce qui suit.

J’ai pu moi-même proposer mes services de rédacteur. Quelles que soient les offres auxquelles je postulais, offres de rédacteur intégré à l’entreprise (plus que rares), offres de rédacteur indépendant (par légions), il n’y aura jamais eu de suite. Le statut de normalien littéraire, au moins en théorie, est pourtant censé garantir un certain niveau de maîtrise du langage. L’explication est peut-être autre : il est utile, au sens financier du terme, d’aller chercher des rédacteurs moins qualifiés, ou de proposer à des personnes qualifiées des gratifications ne reflétant pas leur niveau. Malheureusement, les rédacteurs sont d’autant moins motivés qu’ils sont souvent mal payés, et n’offrent pas la même qualité en termes de prestations, phénomène qui alimente ainsi la croyance selon laquelle les littéraires ne sont pas bien formés. La Maison Trafalgar a ainsi reçu la candidature d’une étudiante de niveau Bac+6, normalienne, se proposant d’y effectuer un stage, car elle était « tout à fait dépourvue d’expériences professionnelles » ; stage dont elle proposait qu’il fût “non rémunéré”, incertaine de pouvoir nous « servir à quelque chose ». Il va de soi qu’en dépit de ses indéniables compétences, ou plutôt, en raison même de celles-ci, les conditions qu’elle posait nous étaient irrecevables.

L’Opération Phénix, remarquable tout autant qu’elle est peu connue, répond depuis 2007 et à sa manière à cette situation. Elle consiste à faire recruter par de grands groupes les jeunes diplômés d’un Master 2 en Recherche Lettres, Sciences Humaines et Sciences. Les témoignages des employeurs comme de ces jeunes recrues sont, sans surprise, unanimes, et révèlent ce que l’intuition indiquait : que les responsabilités qui leur sont confiées, souvent bien au-delà de la rédaction, leur conviennent parfaitement.

Forte de ces constats, et sachant que cette Opération Phénix ne résulte qu’en l’élection d’un nombre très confidentiel d’étudiants, la Maison Trafalgar souhaite rappeler que les littéraires sont précieux au sein des entreprises ; qu’ils peuvent, doivent créer la leur s’ils ont en partage la fibre entrepreneuriale ; qu’ils peuvent, doivent conserver intacte leur passion, cet imaginaire livresque qui permet de mieux comprendre nos sociétés, le monde et les Hommes qui l’habitent. On les montrera alors parfois, dans le monde de l’entrepreneuriat, comme des originaux : s’il ne convient pas qu’ils se satisfassent longtemps de cette qualification, qu’à tout le moins celle-ci permette à d’autres littéraires d’en entendre parler, de s’inspirer d’eux. La Maison Trafalgar leur témoigne, ici, soutien et admiration.

Virgile Deslandre

Directeur des opérations de la Maison Trafalgar

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