MOT À MOT - C. TEROSIER

MOT À MOT avec Claude Terosier, Fondatrice, Magic Makers

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassée ?
Crise ! Depuis un an, nous sommes en crise permanente ; elle doit être temporaire et pas en continu ! 

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fière d’avoir trouvé ?
Créativité, grâce à Magic Makers, nous permettons aux enfants d’être créatifs dans le code. C’est un mot qui a une grande importance à mes yeux et au sein de notre équipe.

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
Truc : c’est le mot que j’utilise quand je ne sais pas qualifier un objet ou autre chose.

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Problème ! J’ai l’impression de passer mon temps à gérer des problèmes qui génèrent du déplaisir. On n’a même pas encore connaissance du problème, qu’on sait déjà que ça ne va pas être positif. 

Le plus joli mot de votre métier ?
Émerveillement, et ce mot fait partie de nos valeurs. On y retrouve le mot merveille, il est beau et il sonne bien. C’est l’acte de s’émerveiller qu’on veut reproduire le plus souvent possible, et qui est en même temps transitoire. Un enfant quand il crée quelque chose, il crée de l’émerveillement, avant même d’avoir de la fierté pour ce qu’il réalise. C’est profondément sincère ; il voit sa création et se dit “waouh ça marche”.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attachée ?
Ouf ! Un enfant de 7 ans m’avait dit “c’est un truc de ouf ça”, cela m’a fait rire qu’il sorte ce mot à ce moment-là !

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Anticonstitutionnellement : ce mot est connu uniquement pour sa longueur. Pourtant, il est au cœur des débats sur la démocratie, en ce moment. De nombreuses questions sont soumises au Conseil d’État pour déterminer ce qui est constitutionnel, ou non.

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Honte, c’est ce qui me vient en premier, on s’interdit beaucoup d’actions par peur d’avoir honte, on n’ose jamais assez.

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Censé : à chaque fois je doute, je pense qu’il ne devrait pas s’écrire comme ça. Il y a une sorte de confusion, avec le mot sens aussi, je n’arrive jamais à comprendre pourquoi on l’écrit de cette façon-là !

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Mindfullness pour parler de pleine conscience, cela m’énerve un peu. On est souvent obligé de l’exprimer en anglais pour réussir à l’expliquer, comme ci c’était plus logique. Chaque langue maternelle est vraiment importante, il y a des mots que l’on traduit, et qui n’ont pas la même signification ou sens dans une autre langue !

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Révérence, ce mot fait chic, il a une sonorité que j’apprécie. À une époque on l’utilisait comme marque de respect envers des personnes importantes, aujourd’hui, il n’est plus dans le langage courant.

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Amour !  “All you need is love, All you need is love, All you need is love, love. Love is all you need !” L’être humain ne peut pas survivre sans amour.

Le mot de la fin ?
Joie, c’est tout ce que je souhaite à tout le monde, et on en a tous besoin. Besoin d’éprouver de la joie, d’être heureux avec ceux qui sont autour de nous, et surtout reconnaissant.


MOT À MOT - C. HONAJZER

MOT À MOT avec Coralie Honajzer, Co-Fondatrice, Chiche

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassée ?
Call, se faire un call ! Je m’occupe essentiellement de la partie commerciale dans mon business et j’entends des anglicismes dix fois par jour, c’est beaucoup trop ! 

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fière d’avoir trouvé ?
Chiche, c’est notre empreinte, la dénomination de notre entreprise ! Ce mot représente notre business, une partie de notre vie, et il me ressemble bien dans la vie : je suis chiche ! 

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
Encore une fois, c’est un anglicisme ! Challenger est un mot qu’on utilise beaucoup pour booster les équipes. Et maintenant, je l’utilise aussi dans ma vie privée…

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
C’est très contextuel, mais ce serait le mot confiné. Comme tout le monde, il m’épuise et n’a plus aucun sens. Ce mot me fâche vraiment. 

Le plus joli mot de votre métier ?
Artisanat, parce que c’est une véritable fierté pour nous de travailler dans l’artisanat. Ce mot englobe le savoir-faire de l’artisan, il laisse percevoir la qualité, l’unicité, le développement local. Et puis les sonorités de ce mot sont si jolies ! 

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attachée ?
Bordel ! J’aime bien les joyeux bordels, pourtant je ne suis pas quelqu’un de bordélique, au contraire, je suis même ordonnée. Mais pour moi, ce mot est synonyme de joie, de lâcher prise ! Dans une vie où la performance, le rendu paraissent comme une priorité, il est important de lâcher prise et de se dire : “bah voilà, c’est le bordel”. Cela me fait sourire !

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Légumineuses. Je ne le connaissais pas, mais je l’ai découvert avec notre entreprise Chiche. Et je réalise que c’est un mot que peu de personnes connaissent. Généralement, on connaît d’autres mots relatifs à des plantes, mais celui-ci ne me semble pas connu du grand public.

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Fierté : cela me touche quand quelqu’un me dit qu’il est fier de moi ou de mon travail. Ce que j’entreprends a aussi pour but que mes proches, ceux qui m’entourent, soient fiers de moi. 

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Chiader ; je ne sais jamais comment l’écrire, comment l’utiliser et quelle est sa vraie signification. 

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Le mot design, on l’utilise à toutes les sauces. Je me dis qu’on pourrait plutôt parler d’esthétisme. En réalité, il existe beaucoup d’autres mots pour l’exprimer en français, de la même manière.

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Chic ! J’aime bien les mots courts et qui claquent, celui-ci est classe !

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
À table ! Je suis du genre à penser le midi à ce que je vais manger le soir ! C’est mon mot du quotidien, le mot qui rassemble, qui appelle à tous se retrouver. 

Le mot de la fin ?
Un petit clap, comme dans un film. C’est un mot qui marque, le son est sympa, je trouve cette onomatopée vraiment cool !


MOT À MOT - R. MONNAMI

MOT À MOT avec Roger Monnami, Président, HTE Éclairage

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassé ?
Délai ! Les gens disent tout le temps “quel est le délai” ? Quand on vend de belles choses, on doit avoir le temps de les attendre. Cela mérite d’avoir un peu de patience, on ne fait pas de consommable.

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fier d’avoir trouvé ?
Prescription, le fait d’étudier, de proposer, de recommander. D’ailleurs, quand j’étais aux États-Unis, j’ai beaucoup appris des Américains. Dans ma profession, ils disent : “parler des produits c’est bien, les montrer c’est mieux, les démontrer c’est gagné.”

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
L’expression c’est l’horreur ! C’est un réflexe que je n’ai pas avec tout le monde, mais que  généralement, les gens comprennent bien. 

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Le mot prix : lorsque l’on reçoit un client potentiel, il nous demande toujours “quel est le prix ?” Dans ma tête, cela résonne mal, parce qu’il y a autre chose à demander, le prix doit être le dernier élément !

Le plus joli mot de votre métier ?
Croyance. J’ai toujours eu beaucoup de chance dans ma longue vie, et je trouve que les jeunes, on ne les aide pas assez. Quand on trouve des jeunes qui se vendent bien, il faut croire en eux ! 

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attaché ?
Abruti ! J’aime bien le balancer en voiture !  

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
La tolérance, c’est vraiment ce qui manque à notre société. 

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Sensible. Quand je reçois des jeunes timides ou sensibles, il est important pour moi de les mettre à l’aise. Quand je les vois venir avec leur petit CV parce qu’ils cherchent un stage et espèrent trouver un patron par leurs propres moyens, cela me touche.

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Je confonds toujours la pierre de touche et la pierre d’achoppement, je suis toujours obligé de sauter sur un Larousse pour savoir.

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Dans le cadre de leur carrière, je conseille toujours aux jeunes d’apprendre l’anglais, mais si je pouvais, j’imposerai l’utilisation du mot courriel en français, à la place du mail. 

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Somptueux ! Quand je rentre d’une soirée, je vais vers ma femme et je lui dis “c’était somptueux cette soirée”.

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Apéro ! Cela rassemble. 

Le mot de la fin ?
Rideau ! Quand j’étais avec les étudiants, je finissais toujours par dire : “et maintenant rideau” !


Accident d’expression

C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet


MOT À MOT - I. ROUSSEL

MOT À MOT avec Iris Roussel, Dirigeante, OZ’IRIS Santé

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassée ?
Brainstorming : je trouve que c’est un mot-valise. On l’emploie régulièrement dans notre métier pour favoriser la co-création entre patients et soignants. Mais pour l’utiliser correctement, il faut déjà être formé à cette méthode de travail.

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fière d’avoir trouvé ?
Compteurs, compteuses : nous avons créé des formations-actions, et au lieu de dire les “intervenants”, nous avons fait le choix de les appeler les “compteurs, compteuses”. 

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
Trop ! J’ai tendance à beaucoup le dire, comme un tic de langage.

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Designer : à nuancer bien sûr, puisque je suis designer. Ce qui me fâche, c’est lorsqu’il est utilisé pour parler d’un objet “cette chaise est design”. Non, cette utilisation ne se dit pas ! Le design représente une méthode de pensée agile, qui met l’humain au cœur de ses projets pour trouver des solutions innovantes.

Le plus joli mot de votre métier ?
L’empathie : c’est un joli mot, à la fois une compétence mais aussi un savoir-être. J’ai déjà recruté des collaborateurs parce qu’ils avaient cela en eux, à la différence de ceux qui savent uniquement en faire preuve à travers leurs missions.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attachée ?
Spam. Dans notre équipe, on l’a emprunté, et détourné ! C’est le mot que l’on utilise lorsque nous allons voir un collègue et que nous avons une mission un peu embêtante. C’est le mot gentil que l’on utilise pour dire que l’on a besoin d’un coup de main : “je peux te spammer 2 min” ou “j’ai un spam pour toi”.

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Incapacitation : notre mission est de permettre de développer les capacités d’action du patient. Il ne doit pas être en attente, il doit être acteur de sa santé. 

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Inspirante : lorsque l’on me caractérise avec ce mot, cela me touche, j’ai le sentiment d’avoir l’impact recherché au travers de l’entreprise. Cela signifie qu’il y a une envie de s’intéresser au sujet, à l’humanisation des soins. Entendre ce mot, c’est très motivant, c’est comme prendre des shoots d’énergie !

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
En vue de : je ne sais jamais s’il y a un “e”; je l’utilise souvent par écrit, dans mes mails.

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Prendre le lead, je le dis à toutes les sauces. Et comme nous travaillons en anglais, nous sommes d’autant plus incités à l’utiliser. J’essaye de faire attention avec les clients, mais je me demande surtout pourquoi on continue à l’utiliser de la sorte. Ces anglicismes sont entrés dans les usages, au point d’en oublier qu’il est possible de le dire de différentes façons !

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Savoir expérientiel : je trouve que ce mot est beau, même s’il résonne un peu philosophique, et qu’on devrait l’employer plus souvent. On parle souvent de savoir expérientiel des médecins, des scientifiques et c’est très bien, mais le savoir expérientiel des patients l’est d’autant plus ! Les patients ont développé des expériences du savoir avec leur maladie, il faut les écouter.

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Bienveillance, et il est essentiel. Sans bienveillance, nous allons avoir du mal à faire fonctionner des équipes, à faire monter les gens en compétences, à déployer leurs talents et à gagner leur confiance. Si dans notre méthode de travail, on n’est pas dans la bienveillance, cela ne peut que provoquer de la colère, de l’appréhension ou de la frustration. 

Le mot de la fin ?
Optimisme ! C’est une des valeurs de OZ’IRIS Santé, et comme le secteur de la santé évolue constamment et réclame de faire face à de nombreux freins, il est nécessaire d’avoir une dose d’optimisme pour faire avancer les projets. C’est une posture qui permet d’engager les personnes autour !


MOT À MOT - N. SABATIER

MOT À MOT avec Nicolas Sabatier, Co-fondateur, Time for The Planet.

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassé ?
Synergie ! Ce mot est incompréhensible, il ne porte aucune réalité concrète, et le plus souvent, les gens ne l’utilisent pas correctement, ils le placent dans une phrase simplement parce que c’est joli. Parfois, l’on peut lire : “peut-on mettre une synergie entre nos deux entreprises ?” mais ils ne savent même pas quelles actions concrètes et viables mettre en place derrière.

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fier d’avoir trouvé ?
Sérendipité, pour tous les hasards heureux que tu trouves sans les chercher. 

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
L’adverbe ben ! Je l’utilise beaucoup à l’écrit, et je me dis que la personne qui me lit doit me trouver condescendante, alors que c’est simplement un réflexe !

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Bisounours, vivre dans un monde de bisounours : je ne supporte pas quand ce mot est utilisé ! Il est trop souvent employé lorsque l’on manque d’argument, pour se réfugier, trouver une échappatoire à la discussion et au débat. 

Le plus joli mot de votre métier ?
Planète : c’est ce que l’on défend avec Time for the Planet, mais c’est surtout l’élément que l’on a tous en commun. Ce mot nous rassemble tous, et c’est suffisamment rare pour être souligné ! On lui doit tout, et personnellement, cela me tient à cœur de rassembler les gens. C’est ce pourquoi je me bats au quotidien.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attaché ?
Parallélépipède ! Il est long, n’est pas facile à dire ; mais il est joyeux, il rebondit ! Je suis très attaché aux mots qui résonnent.

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Diantre, il pourrait remplacer pas mal d’injures !

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Beau : c’est un mot simple, mais je ne sais pas pourquoi, il me fait parfois rougir.

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Colline ! Comme ma collègue s’appelle Coline, je ne sais jamais comment écrire le prénom ou le lieu commun, cela m’énerve !

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Call, nous pourrions passer un appel. 

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
L’expression c’est une crème ! On m’a toujours rappelé que cela ne se disait pas, mais moi je dis même “c’est une crème épaisse” pour accentuer le fait de désigner une personne extraordinaire. 

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Apéro ! C’est le mot qui permet de parler, de raconter, d’écouter, d’échanger, et même de faire la paix. 

Le mot de la fin ?
Swy kemg : ce mot signifie le cosmos, le monde, tout ce qui vit ! C’est un mot de l’écrivain Alain Damasio, Il peut cacher des significations et les démultiplier. Dans son œuvre, il laisse justement des signes et joue avec les lettres comme avec les mots !   


Accident d'expression

C’est joli, coloré, naïf, parfois agressif, toujours inventif !

© « 300 accidents d’expression : une seule victime, la langue française. » Par E. Blervaque, S.Ellias & L. Ribet


MOT À MOT - B. OUAZANA

MOT À MOT avec Benjamin Ouazana, Portraitiste, Maison Trafalgar.

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassé ?
Contenu. Un mot-valise qui réduit le travail de création en bouillie, désignant aussi bien des écrits, des vidéos, des photos, ou de la musique… comme si un écrivain, un vidéaste, un musicien ou un photographe exerçaient le même métier : créer du contenu. Paradoxalement, c’est un terme qui manque cruellement de teneur !

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fier d’avoir trouvé ? 
Gova. C’est un terme qui veut dire « voiture ». Il vient du mot manouche « vago », passé ensuite par la case verlan. Il représente toute la richesse de cette langue française qui ne se cantonne pas au dictionnaire. D’une manière générale, l’argot me fascine pour toute l’inventivité et les possibilités qu’il brasse.

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
Quoi. Un mot que je transforme en ponctuation orale. Il faut bien faire entendre concrètement qu’une phrase est finie, non ?

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Plagiat. L’entendre n’augure rien de bon, le constater fait péter un plomb. 

Le plus joli mot de votre métier ? 
Aspérité. C’est ce que nous cherchons durant l’entretien d’extraction et ce qui galvanise l’écriture d’un Portrait. Il représente tout ce que certains métiers se plaisent à lisser : le grain, le relief, les creux et les bosses.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attaché(e) ? 
Poulet. Le ressort comique de sa sonorité est indéniable ! C’est aussi le nom d’un groupe de conversation que l’on nourrit en réparties plus ou moins fulgurantes avec une poignée d’amis. Une discussion qui dure depuis des années et que l’on a entamée en se donnant rendez-vous dans un restaurant de poulet frit, et auquel je ne me suis finalement jamais rendu.

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ? 
Vespéral. J’aime son côté grandiloquent pour désigner quelque chose de tout à fait banal.

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ? 
Cinéma. Il renferme un foisonnement de souvenirs, de sensations, et de références qui ont façonné et structuré une grande partie de mon imaginaire.

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ? 
Bisbille. Je l’utilise pour dire que deux personnes sont complices, et s’entendent à merveille. Puis je me souviens que c’est un mot qui veut dire totalement l’inverse.

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Overbooké. Oui, c’est bon, on a compris que vous étiez très, très, très occupé.

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Ratiocination. Une réflexion pointue, et poussée à l’extrême. Voilà qui offre de quoi fanfaronner et donc agacer toute la tablée !  

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Dessert. Puisque tout doit avoir une fin, tout le monde conviendra qu’une conclusion se doit d’être sucrée.

Le mot de la fin ?
À-propos. J’espère en avoir fait preuve chaque fois que j’appose mon point final.


MOT À MOT - B. WOLFF

MOT À MOT avec Bérengère Wolff, Associée, Maison Trafalgar.

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassée ?
Annonceur. Je n’ai jamais utilisé ce terme qui est pourtant très usité dans le secteur de la communication dont je suis issue. Je trouve que ramener une entreprise, une organisation, au fait de qui est le payeur d’une action de communication est très réducteur ! Finalement, c’est plus simple, logique et respectueux de l’appeler « le client ».

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fière d’avoir trouvé ?
Estaminet. J’ai découvert ce mot dans ma ville d’origine à Annecy, grâce à un restaurant dans la vieille ville qui porte ce nom. Cela signifie « petit café populaire ». 

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
Voilà. Je ne dois répondre qu’un seul mot, mais il y a pire… « Enfin, voilà quoi » ! Généralement, à la fin d’une phrase ou j’ai pourtant tout donné, ou mis beaucoup d’intensité, cela fait l’effet d’un
flop ! 

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Banaliser. Je suis de l’école de ceux qui n’aiment pas le nivellement par le bas, quand j’entends qu’il faut banaliser un contenu ou autre, cela m’agace profondément ! C’est tout l’inverse de notre
combat !

Le plus joli mot de votre métier ?
Esperluette ! C’est un mot que je n’utilisais pas avant, je devais dire quelque chose comme « le signe “et” », mais aujourd’hui j’aime l’utiliser, il a presque la même consonance que « espelette ». Et puis il fait le liant, il annonce souvent un partenariat, un projet à venir ! 

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attaché(e) ?
Clopinette. Dans le sens insignifiant, qui a peu de valeur ou qui est modeste. C’est un petit mot qui sonne léger et ludique alors qu’il amène l’idée de quelque chose qui n’a presque pas de valeur. 

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Superfétatoire. C’est un très joli mot qui signifie « superflu », que j’ai découvert via la Maison Trafalgar et que j’adore depuis. Je l’utilise des fois pour rire, et il suscite toujours des interrogations, si bien que plusieurs de mes amis l’ont adopté aussi depuis !

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Fierté ! Je pense savoir que mes proches sont fiers de moi, mais ils sont eux-mêmes assez fiers pour ne pas me le dire à la volée ! Donc quand on me dit « je suis fier de toi », oui je rougis. Surtout mes parents. 

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Leitmotiv. Quand j’étais petite, j’étais persuadée que cela s’écrivait « Lait motif », et encore aujourd’hui, je suis toujours obligée de vérifier l’orthographe alors que je la connais ! Comme un leitmotiv orthographique, en somme !

L’anglicisme qu’on préfère en français ?
Adolescent VS Teenager.
Je trouve que la version anglaise est très réductrice pour l’adolescent, il y a presque un aspect négatif, un jugement quand on dit « ah, ces teenagers » ! 

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Millenium. C’est un mot qu’on ne dit pas tous les jours mais qui évoque une nouvelle ère, commençant par une mutation ! C’est un joli défi que de le placer dans une phrase en soirée… 

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Calembour. Qu’il soit fin, un peu lourd, au second degré, j’attache une grande importance à l’humour, aux jeux de mots, et je pense qu’il peut fédérer des personnalités qui sont aux antipodes ! 

Le mot de la fin ?
Arroser. Pour faire écho à ce proverbe qui rappelle que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, mais qu’elle est plus belle lorsqu’elle est arrosée.


MOT À MOT - G. REYMANN

MOT À MOT avec Gilles Reymann, Portraitiste, Maison Trafalgar.

Le mot excessivement employé par votre secteur, dont vous vous êtes lassé ?
Papier : bien que noble en tant que support à l’écriture, il perd toute sa splendeur quand il est associé au contenu lui-même.

Le mot qui vous démarque, que vous êtes fier d’avoir trouvé ?
Amok. Un mot qui à lui seul incarne la démence et la sauvagerie meurtrière. On ne peut rêver mieux !

Le mot réflexe, dont vous aimeriez personnellement vous débarrasser ?
Ben… Sans doute un vestige d’une enfance passée à lire Gaston Lagaffe.

Le mot qui fâche dès que vous l’entendez ?
Au final. Locution à la limite du barbarisme qui sert volontiers de ponctuation à ses aficionados.

Le plus joli mot de votre métier ?
Mot. C’est une évidence, mais tout passe par lui.

Le mot qui fait rire, auquel vous êtes joyeusement attachée ?
Chiquenaude. Un mot qui claque tout en pétillant, comme l’action qu’il représente.

Le mot peu utilisé, qui mérite d’être réhabilité ?
Ventre-Saint-Gris. Un juron plutôt classe quoique pas forcément des plus spontanés.

Le mot qui fait rougir, qui ne manque pas de vous toucher ?
Baluchon. Il m’évoque l’appel de l’aventure sur des sentiers sans fin au milieu de la forêt.

Le mot dont l’orthographe ou le sens vous fait toujours douter ?
Pétale. Toute mon enfance, je m’imaginais que c’était un mot féminin, et j’ai gardé ancrée en moi cette image dont je ne puis me défaire.

L’anglicisme qu’on préfèrerait dire en français ?
Interview. « Entretien » sonne bien plus distingué et élégant !

Le mot qui a de l’allure, qui porte une queue-de-pie, qu’on amène en soirée ?
Outrecuidance. À ne pas utiliser toutefois en toutes circonstances.

Le mot qui met tout le monde d’accord ?
Amen. Ite missa est.

Le mot de la fin ?
Zythum. Dernier mot du dictionnaire.